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La méthanisation, l’effet bio à valeur ajoutée

La Dordogne est le seul département d’Aquitaine à compter six méthaniseurs. La Chambre d’agriculture de Dordogne s’est particulièrement investie dans le domaine de la méthanisation et se positionne désormais comme une référence pour bon nombre de délégations  françaises et étrangères.  

A

l’heure du développement durable, la méthanisation a gagné ses lettres de noblesse. La Chambre d’agriculture,  avec la fédération départementale des CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole), a lancé ses premiers diagnostics de préfaisabilité il y a 5 ans. Une trentaine d’agriculteurs ont manifesté un intérêt certain pour ce processus permettant la production  d’énergie renouvelable. Six projets ont pu ainsi être engagés à titre individuel ou collectif. « Les projets sont tous à des stades différents. Trois sont en cours de construction et trois vont démarrer ou ont déjà commencé  la production d’électricité. » explique Jean-Roland Lavergne, responsable du pôle environnement et territoire  à la Chambre d’agriculture de Dordogne. Deux projets collectifs se sont imposés dans le département. Le premier est porté par la CUMA des éleveurs du Bergeracois sur Saint-Pierre d’Eyraud. Il sera achevé  en fin d’année et devrait commencer à produire de l’électricité en mars 2012 « il faut compter un délai de trois mois entre l’installation et la production d’énergie » précise Jean-Roland Lavergne. Le second, déjà opérationnel, est engagé par la CUMA de Marcillac-Saint-Quentin « il produit et vend à ERDF, il devrait atteindre son niveau maximal en janvier 2012, soit 150 à 160 kWh ». Un projet privé émanant de la SAS Clottes Biogaz est aussi en production depuis 1 mois sur la commune de Nojals et Clottes. Le lycée agricole de Périgueux s’inscrit également dans cette innovation par la mise en place d’un méthaniseur, calé en amont de l’unité de gavage de canards. Un bon moyen de faire naître des vocations en expliquant aux étudiants le fonctionnement et le bien fondé de cette technique. D’autres projets sont encore à l’étude notamment par des producteurs laitiers dans le Périgord vert, par une Cuma dans la vallée de l’Isle, par des producteurs de poulets ou encore un éleveur  laitier sur Négrondes. 

 « Le prix de vente de l’électricité ainsi produite bénéficie d’une bonification si l’on valorise la chaleur » indique Jean-Roland Lavergne. Un méthaniseur coûte entre 1,2 et 2 millions d’euros selon la puissance, la configuration du terrain,  la structure et la surface. C’est un investissement lourd qui bénéficie cependant d’aides publiques du Département et de la Région, de crédits européens et crédits d’Etat  autour de 30 à 40%.

« Il faut penser méthanisation comme consolidation de l’activité agricole » précise  Jean-Roland Lavergne. Ce concept permet, tout en traitant ses déchets  agricoles (fumier, lisier, sous-produits agricoles), de réaliser  un geste éco-citoyen et de vendre de l’électricité. De plus, la chaleur produite par le méthaniseur peut être valorisée.   Les techniciens de la Chambre d’agriculture travaillent avec l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) sur sa valorisation. « On peut, par exemple, produire de l’eau chaude, chauffer  les  aliments des veaux de boucherie, chauffer un séchoir à fourrage ou  un abattoir.  Le digestat, c’est-à-dire le produit résidu de la méthanisation, peut aussi être valorisé en compost. Autre domaine dans lequel travaille le pôle environnement et territoire : l’alimentation du méthaniseur avec des co-substrats. Les déchets de pommes, carottes, légumes, graisses de restauration, pourraient compléter les apports agricoles et augmenter la capacité méthanogène du substrat. Il nous faut étudier comment capter ce type de gisement et quelles seraient  les conditions financières ». La Chambre d’agriculture accompagne toute cette dynamique de territoire  avec une bonne longueur d’avance.  

Les avantages :
La Cuma de Marcillac-Saint-Quentin s’est lancée en janvier 2009 avec 5 adhérents dans la création d’une unité de méthanisation aidée en cela par « le père des méthaniseurs de la Chambre d’agriculture. » « Nous avons monté un dossier auprès de l’Etat. L’idée de départ était d’anticiper sur des nuisances olfactives de nos exploitations d’élevage, comme nous sommes dans un milieu protégé et touristique. » explique le président Gilles Trémouille. Des voyages d’études en Allemagne , en  Suisse et l’obtention d’ aides publiques (PPE et Feder) à hauteur de 40 % ont fini par les convaincre. Le méthaniseur a été construit en octobre 2010. Un an plus tard, il fonctionne.  «Il produit de l’énergie électrique vendue à ERDF et de l’eau chaude utilisée pour la préparation du lait de nos veaux de boucherie, il chauffe les habitations des adhérents  et le digestat, sans odeur et aux valeurs fertilisantes, est récupéré pour l’épandre sur nos cultures. La vente d’électricité permettra d’amortir cet investissement . »

Dans la salle des machines, Jean-Roland Lavergne au centre et M. Tremouille à droite, président de la CUMA de Marcillac-St-Quentin.

Extrait de Périgord Entreprendre 8 - Déc.-janv. 2012
Valérie Desfrançois

 

Commentaires

Faure (non vérifié) posted on lun, 01/23/2012 - 21:10

Bonjour, Je suis éléve en Terminale S "biologie, écologie" en lycée agricole et j'ai choisi de présenter à l'oral d'ATC (Aménagement Territoire Citoyenneté) un sujet qui traite de la méthanisation. Pour élaborer ce dossier, j'ai besoin de m'appuyer sur une situation concrète. J'habite en Dordogne et je cherche donc à entrer en contact avec des exploitants et des installateurs. Si vous pouvez m'aider, je vous remercie de prendre contact avec moi via le mail suivant faure.ally@gmail.com Avec mes sincères salutations/

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